LA GUERRE DE TROIE N'AURA PAS LIEU

La guerre de Troie n'aura pas n'aura pas lieu, de Jean Giraudoux, 2012, Théâtre du

Nord-Ouest: 11 comédiens sur scène, 38 représentations

Quand les spectateurs descendent dans la salle ils traversent la scène, croisent des figurent qui errent. Des fois ces figurent s'arrêtent, les regardent. Leur regard est une question. Appuyée contre le mur, à côté de la grande porte en bois noir, Cassandre attend. Les spectateurs passent, elle s'approche d'un ou d'un autre comme si elle voulait leur dire quelque chose, mais les mots ne sortent pas de sa bouche. Elle revient horrifiée sur ses pas. La musique, qu'on entend de plus en plus fort, est brouillée par des cris de mouettes, de plus en plus nombreux, de plus en plus stridents. Dans le silence qui s'ensuit on entend Cassandre chuchoter dans une langue inconnue, pendant qu'elle avance doucement, en ligne droite, vers le public. Plus tard dans la pièce, Hécube parle de la jeunesse qui sera la vieillesse dans 30 ans. Frappant sur la table, Cassandre crie: « Erreur ! ». Pendant 3 secondes la lumière s'allume dans la salle et tous les comédiens regardent les spectateurs. Ensuite ils reprennent leurs personnages. C'est sur ces deux niveaux: du texte de Giraudoux et d'un regard au-delà, sur le monde dans lequel on vit, qu'a été construite la mise en scène de La guerre de Troie n'aura pas lieu, autour de cette question : « La jeunesse sera-t-elle la vieillesse dans trente ans? »