« Depuis ce matin je cherche quelque chose. Je sais pas quoi. Je suis allé parler à un arbre. J’avais besoin de me confier. »

Une fille, pendant qu’elle court en cercle en faisant des sauts de cheval:

« C’est le truc que j’adore faire! C’est idiot! C’est nul! »

Elle continue à courir:

« J’ai pas de talents! C’est idiot! C’est nul! »

« La tristesse est bleue comme les larmes. Comme le manque de ma maman. »

(Extraits d’improvisations d’enfants pendant les ateliers clown)

LE NEZ ROUGE

      Le nez rouge est un atelier d’art clownesque proposé à des enfants de CP-CE1- CE2. Nous essayons de créer un espace où les enfants se sentent libres de s’exprimer, de se livrer au monde avec ce qu’ils ont de vrai, d’authentique, d’unique. Ils ont pour cela une armure de protection: le nez rouge - le plus petit des masques - qui, comme tout masque, permet de cacher en dévoilant, de dévoiler en cachant. Le projet pédagogique s’articule autour de cet objectif: rencontrer son propre clown et le faire vivre devant les autres. Personnage naïf, hypersensible et très imaginatif, le clown est un être d’émotions. C’est pourquoi, faire ce travail avec les enfants revient à les rendre attentifs à leurs émotions et chercher différentes manières de les exprimer. C’est aussi chercher leurs talents, ce qu’ils savent faire de mieux, car le clown est un être qui excelle dans certains domaines, qui est capable et aime faire des exploits. C’est à l’intérieur de cette excellence que les maladresses se glissent, provoquant rires et émotions. Le clown est en décalage: avec son temps, avec les autres. Il arrive trop tôt ou trop tard. Il rencontre des obstacles. Sa grande force est de reconnaître ses faiblesses, de s’aimer dans sa condition humaine, d’où ce mélange de grave et de comique, de dérisoire et de poétique propre au clown. Si au théâtre les comédiens jouent avec un quatrième mur, le jeu du clown est direct, le public en fait partie et il peut devenir partenaire de jeu. Le clown est ainsi à la fois dans deux mondes: le présent de la scène et son imagination, d’où la place d’ouverture, d’improvisation, propre à l’écriture clownesque.